samedi 28 août 2010

Carpe.


souvent représentée remontant une chute d'eau,
symbole de bonne fortune
http://www.estampes-japonaises.org/glossaire/
Katsushika Hokusai (1760-1849), fût sans doute le plus célèbre des peintres et dessinateurs japonais de sa génération, le plus extraordinaire, et celui dont la renommée a le plus rapidement franchi les mers. Artiste polyvalent et complet, spécialiste de l’Ukiyo-e s’étant aussi réalisé dans l’écriture, son nom est depuis longtemps populaire en Europe et sa vie apparaît comme une quête touchante de la perfection se composant de six grandes périodes, parcours que retrace le fil de l’exposition. Artiste du peuple, il est mort presque ignoré, sinon méprisé de la classe aristocratique. La vogue énorme de son talent dans la classe populaire ne s’est guère étendue au delà des lettrés et des dilettantes de la petite bourgeoisie. La foule de ses admirateurs se recrutait principalement parmi les marchands, les artisans, les courtisanes et les habitués des maisons de thé de Edo (1603-1867, actuelle Tokyo). Si son influence resta quasi inexistante sur les écoles d’art classique de Kyoto, sur les nobles et le monde de la cour, elle fut, au contraire, décisive, sur l’évolution de l’Ukiyo-e et sur les destinées des arts décoratifs, tels que l’imagerie en couleurs et la décoration des objets usuels. Aujourd’hui, le Japon en est encore l’héritier. Hokusai marque la dernière étape de l’art national Nippon en estampe de paysage, avant l’invasion des modes et des idées européennes


L’UKIYO-E, LA PEINTURE DITE DU « MONDE ÉPHÉMÈRE »
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Série des Grandes Fleurs Lys, 1833-1834, Impression polychrome (nishiki-e), format ôban Editeur : Eijudô, Signature : zen Hokusai Iitsu hitsu, Legs Isaac de Camondo, 1911, EO 1641 © musée Guimet / Thierry Ollivier
L’estampe japonaise est un travail d’équipe, le dessinateur (eshi) fournit son modèle au graveur (horishi) qui transpose l’œuvre sur bois et la donne à l’imprimeur (surishi). De l’habileté technique de ces trois intermédiaires dépend la qualité de l’œuvre finale, faite pour être vendue à un public le plus large possible. L’art de l’Ukiyo-e, images du monde flottant, est né à Edo. Il reflète la passion du théâtre, des restaurants, des geishas et des shunga (images érotiques), mais aussi l’importance de la nature et de la tradition. Les thématiques sont souvent liées à la représentation des acteurs de kabuki mais aussi à l’amour, scènes érotiques et idéal féminin aux formes fragiles. Les Bijin, images de belles femmes, évoquent à la fois un monde de plaisir et d’éphémère. Que ce soient des courtisanes, des prostituées ou de simples femmes, leur attitude, leurs vêtements et la façon dont elles sont maquillées, constituent un langage qu’il est nécessaire de décrypter pour comprendre l’art japonais de l’époque Edo.
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Modèles d’étreintes (Tsuhi no Hinagata) (série de 12 estampes érotiques shunga), vers 1814, Impression polychrome (nishiki-e), format ôban Signature : Shishiki Gankô Acquisition, 1995 MA 6201 © musée Guimet / Thierry Ollivier
Enfin, c’est le paysage qui triomphe au XIXe siècle. Hokusai connaît la peinture occidentale et la perspective linéaire, en retour, le maître séduit les peintres symbolistes français, comme Bonnard, ou post-impressionnistes, comme Van Gogh. Les estampes japonaises circulaient déjà en France dans les années 1860. Introduites par des artistes et des marchands spécialisés, elles arrivèrent en masse (après 1868), lorsque le Japon ouvrit ses frontières sur le monde.

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