mardi 7 septembre 2010

Colorimétrie, chromatique, l'essence de la mise en forme : le pigment

LE BLEU DE PRUSSE « LA RÉVOLUTION BLEUE » DES ANNÉES 1830                                              Les Trente-six vues du mont Fuji ont connu un très grand succès notamment grâce à la qualité plastique des estampes, à leur originalité ; deux aspects de cette série ont surtout fait sa renommée : l’utilisation du Bleu de Prusse ainsi que l’influence des modes de représentation occidentaux. Le Bleu de Prusse, appelé également bleu de Berlin, était un pigment récemment importé de Hollande depuis 1820, que l’on retrouve dans les Trente-six vues du Mont Fuji notamment dans La Grande Vague, La plage de Shichirigahama dans la province de Sagami ou encore dans Le lac de Suwa dans la province de Shinano. Il transforma l’aspect des estampes : il fut utilisé pour la première fois par le peintre en 1829 et connut un succès immédiat.

Les artistes appréciaient l’utilisation de cette couleur d’origine synthétique qui ne risquait pas de perdre de son intensité avec le temps ; ils l’utilisèrent d’autant plus qu’ils étaient condamnés par la censure à n’utiliser qu’un nombre restreint de couleurs et avaient réalisé les ressources infinies qu’ils pouvaient tirer de ce seul bleu. Le bleu de Prusse était très vite devenu tellement prisé que l’éditeur d’Hokusai lança une édition, en aizuri-e (estampes bleues), de certaines des Trente-six vues du mont Fuji avant d’éditer la série avec les couleurs complémentaires. Toutes les estampes de la série ne sont pas fondées sur ce pigment mais une certaine tonalité bleue se dégage de l’ensemble, « le bleu, peut-être, de l’espace et de l’éternité (avec l’avantage matériel que ce bleu de Prusse gardait effectivement longtemps son intensité, alors que d’autres bleus pâlissaient vite). » (Kenneth White).

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